Chères lecteurs et lectrices aimant la lecture,
La semaine dernière, j’ai lu le roman Un moine trop bavard de Claude Forand publié par les éditions David.
Le rendez-vous hebdomadaire Premières lignes a été créé par Ma lecturothèque et il vise à faire découvrir un livre au travers de ses premières lignes. Je vise à vous faire découvrir mes nouvelles lectures au travers de ses premières lignes et de sa 4e de couverture.
N’hésitez pas à me faire part de vos réflexions ou à inscrire en commentaire le lien de votre rendez-vous.
4e de couverture

« À Chesterville, dans la province de Québec, la petite communauté du monastère du Précieux-Sang est secouée par un meurtre ignoble : le Frère Adrien est retrouvé mort dans la grange… un crucifix enfoncé dans la gorge. Le seul témoin du meurtre semble être le garçon de ferme, mais Zacharie, un simple d’esprit, a disparu cette nuit-là.
Le sergent Roméo Dubuc mène l’enquête, avec son éternel comparse, Lucien Langlois. Malheureusement pour eux, les indices se multiplient et brouillent les pistes : tatouages mystérieux, secte hérétique, passages secrets. Est-il possible que ces hommes de Dieu, qui consacrent leur vie au travail manuel et à la prière, aient vendu leur âme au diable ?
Après Le cri du chat et Ainsi parle le Saigneur, Claude Forand nous entraîne, toujours avec humour et finesse, dans une aventure qui saura plaire aux amateurs d’intrigues bien ficelées. »
Premières lignes
« Allongé dans l’obscurité totale sur sa couchette inconfortable, le Frère Adrien répétait mécaniquement sa prière habituelle du bout des lèvres, dans l’espoir de trouver enfin le sommeil :
Saint, saint, saint, le Seigneur,
Dieu de l’Univers,
Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire,
Hosanna au plus haut des cieux…
Mais en ce mercredi de juin, le sommeil n’était pas au rendez-vous. À chacun de ses mouvements, la corpulence du moine faisait tanguer sa couchette de fortune comme le bateau du capitaine Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes.
En désespoir de cause, cet insomniaque chronique décida alors de fixer intensément le plafond. Son voisin de cellule au monastère bénédictin du Précieux-Sang de Chesterville, le Frère Richard, lui avait déjà avoué qu’après avoir patiemment regardé le plafond pendant près de trois heures dans le noir, il avait réussi à distinguer les contours du visage de la Vierge. Mais le Frère Richard avait presque 80 ans, était affligé de cataractes et réputé menteur de surcroît !
Le Frère Adrien maugréa, arracha sa mince couverture et se leva. Dans quelques heures, vers sept heures du matin, ce serait l’appel pour les laudes, l’office religieux au début du jour. Entre-temps, il avait une faim de loup. Son estomac lui envoyait des couacs couacs désespérés. Le moine avait bien des vertus, mais la frugalité n’était pas de celles- là. Il ouvrit la porte de sa cellule et allongea furtivement le cou dans le couloir.
Personne …
Le Frère Adrien sortit et avança à pas feutrés dans le corridor du dortoir, passant devant les cellules où dormaient les autres moines. Il perçut bientôt le ronronnement familier des machines à laver de la buanderie et attendit que l’employée de nuit ait le dos tourné avant de passer devant la grande vitrine de la salle. Après tout, il savait que Nadia Vigneault, surnommée « la fouineuse » par les moines, n’hésiterait pas à le dénoncer encore une fois au supérieur du monastère si elle découvrait son expédition nocturne vers la cuisine. En traversant le réfectoire des moines, des relents de rôti de porc du souper chatouillèrent les narines du Frère Adrien. Il huma à plein nez.
Ahhh… il eut l’impression que ses papilles gustatives allaient exploser!
La cuisine était longue et étroite. Contrairement à l’ensemble des bâtiments de style rustique qui composaient le monastère, elle était moderne et bien équipée. Les armoires et les comptoirs en acier inoxydable, bien astiqués et étincelants, auraient pu donner l’impression austère d’une salle d’autopsie. Le Frère Adrien connaissait bien les lieux, qu’il visitait régulièrement la nuit de préférence. Il ouvrit la porte d’un énorme réfrigérateur où le cuisinier avait déjà préparé les repas du lendemain. Le moine affamé s’empara d’un aromatique gigot d’agneau à l’estragon ainsi que d’une gigantesque portion de tarte aux pommes. Il serra son précieux butin à deux mains contre sa poitrine et traversa à nouveau le réfectoire, cette fois-ci en direction de la cave à vin. Une bonne partie des bouteilles étaient de fabrication artisanale, mais une section réservée au supérieur du monastère comportait d’excellents crus italiens.
Le Frère Adrien alluma l’ampoule au plafond, qui éclaira faiblement les lieux. Il prit une bouteille de rouge et lut l’étiquette en plissant les yeux de plaisir.
—Oulala… Barolo Bourgogno Riserva 1997! La vérité est dans le vin!
En pâmoison, le moine eut soudain un sentiment de culpabilité devant autant de bonheur et leva les yeux au ciel pour se faire pardonner ses deux péchés véniels – la gourmandise et le menu larcin. … »
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4 commentaires sur « Premières lignes : Un moine trop bavard »