SCHMITT, Éric-Emmanuel. Le défi de Jérusalem. Paris: Éditions Albin Michel, 2023.217 p.
Chers lecteurs et chères lectrices,
Aujourd’hui, je vous présente mon avis sur le roman Le défi de Jérusalem écrit par Éric-Emmanuel Schmitt publié par les Éditions Albin Michel. J’ai lu ce livre lors de La semaine à 1000 pages du Pingouin Vert d’août 2023.
4e de couverture

« « Marcher là-bas, où tout a commencé. »
Après La Nuit de feu, où Éric-Emmanuel Schmitt décrivait son expérience mystique dans le désert du Hoggar, il revient aux sources avec ce récit de voyage en Terre sainte, territoire aux mille empreintes. Bethléem, Nazareth, Césarée, lieux intenses et cosmopolites qu’il saisit sur le vif tout en approfondissant son expérience spirituelle, ses interrogations, réflexions, sensations, étonnements jusqu’à la surprise finale, à Jérusalem, d’une rencontre inouïe avec ce qu’il nomme « L’incompréhensible ».
Postface du Pape François »
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Mon avis
J’ai découvert Éric-Emmanuel Schmitt au cours de ma formation au Cégep (17-19 ans). L’une de ses œuvres avait été mise à l’étude dans un cours de français ou de philosophie. Si ma mémoire est bonne, il s’agit de l’oeuvre Oscar et la Dame rose parut en 2002. Par la suite, nous avons vu une pièce de théâtre tirée du même livre. Depuis, je n’ai pas lu d’autres livres de cet auteur.
Au début de l’été, après l’avoir reçu et lu, un membre de ma famille me l’a conseillé. C’est ainsi qu’au cours de La semaine à 1000 pages du Pingouin Vert d’août 2023 j’ai lu Le défi de Jérusalem.
Tout en disant le moins possible et le plus en même temps, la 4e de couverture m’a incité au voyage. Voyage que je désirais prendre le temps de vivre, de savourer et de méditer, tout en étant pressé (pression que je ne ressentais pas) par le défi du Pingouin Vert.
Comme le disent si bien les premières phrases du livre : « Pourquoi partir? » (p. 7)
Que ce soit des vacances, un voyage ici ou là, un pèlerinage, etc. « Tout commence par un coup de téléphone. » (p. 7)
Dans mon cas, ce ne fut pas le téléphone, mais un échange (en personne) avec un proche qui a commencé, a vécu un voyage littéraire. Vint mon voyage. Un voyage au travers des mots et des phrases de ce livre.
Alors que j’entame ma lecture, comme je vous le disais, je me sens pressé de lire. Mes yeux ingurgitent, gobent, dévorent les mots. Toutefois, mon cerveau pressé me dit de ralentir pour goûter, déguster, savourer l’histoire. Comme si inconsciemment, j’avais un désir, mais un désir de quoi? Comme le souligne l’auteur, « Chaque fois qu’Il me demande […] si j’ai d’autres désirs, je tombe dans un gouffre. Des désirs? Oui, je désire ardemment, follement, énormément, mais j’ignore quoi. » (p. 11)
Alors que les pages passent, Éric-Emmanuel Schmitt montre les bienfaits de vieillir.
[…] vieillir procure un avantage. Les années apportent une meilleure intelligence de soi : on se connaît, on perd moins de temps, on ne court plus après la légitimité, on canalise ses forces sur les points capitaux, on ne se regarde plus dans le miroir toutes les trois phrases, on a repéré ses limites et surtout les ruses, les expédients, les méthodes qui permettent de les transcender.
Le défi de Jérusalem, p. 16
À vingt ans, j’étais un cheval sauvage que je ne parvenais pas à diriger. À soixante, je suis toujours ce cheval sauvage, mais je sais le mener.
Le défi de Jérusalem, p. 16
Vieillir se révèle le contraire d’une déchéance
Le défi de Jérusalem, p. 18
Puis, il (l’auteur) se prépare au voyage et il nous raconte comment il a vécu son expérience mystique dans le désert du Hoggar, sa découverte du « best-seller » mondial, sa quête de savoir et finalement sa foi.
Certains passages m’ont interpellé.
Être chrétien revient à accepter le mystère. […] Le mystère ne réside pas dans l’inconnu, mais dans l’incompréhensible.
Le défi de Jérusalem, p. 26-27
D’autres m’ont permis de comprendre les tensions entre les Palestiniens et les Juifs.
Israël a raison, la Palestine a raison. Les deux pays justifient leur occupation du territoire par une présence longue, ancestrale, licite.
Le défi de Jérusalem, p. 94
Les Juifs furent chassés [d’Israël] à deux reprises : […] en 587 av J.-C. […] [, puis] une seconde fois en 70. […][La montée] de l’antisémitisme en Europe poussa les Juifs de la diaspora à désirer un État juif. […] La création de l’État d’Israël fut proclamée en 1948.
Le défi de Jérusalem, p. 94-95
Telle est la logique tragique : puisque personne n’a raison ni tort, la force se substitue à la discussion, au droit.
Le défi de Jérusalem, p. 95
Telle est la logique tragique : le problème s’amplifie et demeure sans issue.

D’autres passages réécrivent, interprètent des scènes connues de la Bible dont les 14 stations du chemin de croix. La trahison de Juda se transforme en un sacrifice (de sa réputation et de son intégrité, car de l’argent il en a déjà) fait par amour. Le portement de la croix n’est en fait que sa partie horizontale, le patibulum. Etc. Etc.
Bref, je pourrais continuer longtemps sur ce qui m’a fait réfléchir dans ce livre, car au travers de son récit de voyage, Éric-Emmanuel Schmitt nous partage son ressenti, ses impressions et ses réflexions incitant à la réflexion.
A contrario des romans, le réel est le thème central du récit de voyage. Il rend compte d’un voyage, des émotions vécues, des choses vues, lues, senties, entendues par quelqu’un, par l’auteur.
Conclusion
« Pourquoi partir? » (p. 7)
Comme le dit Philippe Pollet-Villard, «Dans un voyage ce n’est pas la destination qui compte, mais toujours le chemin parcouru, et les détours surtout. »
Pour ce récit de voyage, rien n’est plus vrai. Éric-Emmanuel Schmitt nous partage son ressenti, ses impressions et ses réflexions qui nous poussent à la réflexion et à l’introspection.
Au terme de ma lecture, la même sensation persistante et pressante qu’au début de ma lecture est présente, mais fort de ce voyage j’ai un désir. « Oui, je désire ardemment, follement, énormément […] » (p. 11) relire ce livre afin qu’au travers d’une meilleure intelligence de moi, je comprenne encore davantage ce livre.
Un jour, j’appliquerai le quatrième droit du lecteur de Daniel Pennac : «Le droit de relire»
En quelques mots, j’ai vivement aimé ce livre.
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3 commentaires sur « Mon avis… Le défi de Jérusalem »