FORAND, Claude. Un moine trop bavard. Ottawa : Éditions David, 2011. 310 p. 5 h 37
Chers lecteurs et chères lectrices,
Aujourd’hui, je vous présente mon avis sur le roman policier Un moine trop bavard écrit par Claude Forand publié par les Éditions David. J’ai lu ce livre au début du mois d’octobre 2023.
4e de couverture

« À Chesterville, dans la province de Québec, la petite communauté du monastère du Précieux-Sang est secouée par un meurtre ignoble : le Frère Adrien est retrouvé mort dans la grange… un crucifix enfoncé dans la gorge. Le seul témoin du meurtre semble être le garçon de ferme, mais Zacharie, un simple d’esprit, a disparu cette nuit-là.
Le sergent Roméo Dubuc mène l’enquête, avec son éternel comparse, Lucien Langlois. Malheureusement pour eux, les indices se multiplient et brouillent les pistes : tatouages mystérieux, secte hérétique, passages secrets. Est-il possible que ces hommes de Dieu, qui consacrent leur vie au travail manuel et à la prière, aient vendu leur âme au diable ?
Après Le cri du chat et Ainsi parle le Saigneur, Claude Forand nous entraîne, toujours avec humour et finesse, dans une aventure qui saura plaire aux amateurs d’intrigues bien ficelées. »
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Premières lignes : Un moine trop bavard
Mon avis
J’ai découvert par hasard ce livre. Comme pour de nombreux romans, c’est la première de couverture qui a attiré mon attention : couverture orangée, éléments sombres et une silhouette encapuchonnée tenant un crucifix et un chapelet.
Puis, la quatrième de couverture a terminé de retenir mon attention : un meurtre dans un monastère et qui plus est au Québec. Un écouteur mis, puis le second, direction Chesterville!
Chesterville
Chesterville n’est pas une agglomération inventée comme il arrive tant d’en voir dans les romans. Cette municipalité existe bel et bien. Située dans la région administrative du Centre-du-Québec, cette municipalité est née de la fusion (1982) du canton de Chester-Ouest (1859) et du village de Chesterville (1903). Elle compte tout près de 900 habitants et se situe à environ 1 h 45 de Québec et de Montréal, soit dans le sud de Victoriaville.

Un canton est une division cadastrale du territoire en parcelles carrées. Le canton est une forme de division britannique. Au Québec, les territoires ont été découpés ainsi de 1763 à 1854.
Une seigneurie est une division cadastrale du territoire en bandes perpendiculaires aux cours d’eau. La seigneurie est une forme de division française. Au Québec, les territoires ont été découpés ainsi de 1623 à 1763.
Monastère
Après avoir découvert que Chesterville est une réalité bien québécoise vient l’élément principal qui structure tout le récit, le Monastère des moines du Précieux-Sang. Bien que situé dans une municipalité tout ce qu’il y a de plus réelle, dans ce cas-ci, le monastère n’est qu’une invention de l’auteur. J’en suis fort aise. Il n’est pas nécessaire que tout soit réel pour arriver à une bonne histoire.
Je dois concéder que l’auteur a fait de l’excellent travail afin de transmettre aux lecteurs l’atmosphère, la discipline et la hiérarchie présente dans une organisation cloîtrée comme celle qu’il décrit.
Langue
Le livre est écrit en employant un registre familier, parfois populaire où les personnages emploient un vocabulaire simple et des tournures fort imagées.
« Si vous voulez mon avis, il aurait fait un excellent politicien, le Frère Adrien! […] Sans parler qu’il bavardait comme une pie. C’était vraiment un moine trop bavard… » (p. 63)
«– Lulu, arrête-moi tes simagrées! D’ailleurs, regarde-toi dans le miroir : j’ai noté que ça te rend drôlement agressif, tes salades de luzerne pis tes crackers aux neuf graines! Tu devrais laisser ça aux ruminants et t’offrir de temps en temps un bon steak avec des patates pilées pour te remettre les intestins d’aplomb! » (p. 183-184)
Chaque personnage a son propre caractère bien trempé et son style original.
J’ai aimé qu’il n’y ait pas de sacre typiquement québécois dans ce livre. Les Québécois et les Québécoises ne sacrent pas tous. C’est une fraicheur quand on lit des œuvres québécoises employant un registre familier.
Comme je le disais en début d’article, j’ai écouté cette œuvre lue par Jean Petitclerc. Tout au long de l’histoire, il a multiplié les voix afin de rendre vivante l’histoire et de distinguer les divers personnages. Avec son accent québécois et les caractères créés par l’auteur pour ses personnages, des souvenirs d’une série animée québécoise que j’avais particulièrement aimée me sont revenus en mémoire. Cette série est Vie de Quartier. Malheureusement, malgré mes recherches sur YouTube, j’ai juste réussi à remettre la main sur un extrait / annonce de la série. Au travers de cette série « fofolle », vous aurez une idée du type d’accent dont je parle.
En plus des accents et des caractères des personnages, j’ai grandement aimé la manière dont l’auteur a découpé les diverses phases de l’enquête. Dans de nombreux livres, films et séries télévisées, le passage du temps est absent, ce qui laisse croire que les forces de police chargées d’une enquête criminelle sont des surhumains. Ces fictions laissent transparaître une extrême efficacité qui permet de résoudre en un temps record, voire une journée, une enquête de grande envergure. Dans Un moine trop bavard, c’est tout le contraire. Au travers de l’enquête de Roméo Dubuc et, son comparse, Lucien Langlois, le temps est découpé selon les avancées de l’enquête(le lendemain, une semaine plus tard, etc.) Ainsi cette affaire a une tournure plus réaliste puisqu’elle prend des semaines avant d’aboutir.
Conclusion
D’abord attiré par la couverture, puis par sa quatrième de couverture, j’ai écouté cette histoire de 5 h 37 en moins d’une semaine.
Au travers d’un crime sordide, j’ai découvert un duo de policiers attachants qui font de leur mieux avec les moyens et le temps qu’ils ont.
Le temps est un des aspects qui a retenu le plus mon attention, car dans ce roman policier, le temps est marqué. Marqué du sceau de l’authenticité et du déroulement réel d’une enquête.
J’espère vous avoir donné le goût de découvrir ce roman policier somme toute court.
Au plaisir!
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3 commentaires sur « Mon avis… Un moine trop bavard »