HERBERT, Frank. Dune : Le Messie de Dune. Paris: Éditions Robert Laffont, 2020. 381 p.
HERBERT, Frank. Dune 2 : Le Messie de Dune. Paris: Lizzie, 2019. 10h20.
Chers lecteurs et chères lectrices,
Aujourd’hui, je vous présente mon avis sur le volume 2 du roman Dune écrit par Frank Herbert publié en livre audio par les Éditions Lizzie. J’ai lu ce livre lors de La semaine à 1000 pages du Pingouin Vert de novembre 2023.
4e de couverture

« Paul Atréides a gagné la grande guerre sainte de Dune et a fait triompher ses Fremen dans le combat pour la possession de l’épice de longue vie. Devenu l’empereur Muad’Dib, il sait désormais qui sont ses ennemis grâce au pouvoir de prescience que lui confère l’épice. Mais il reste hanté par la vision de sa propre mort. »
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Mon avis
Dans le premier volume de Dune, Frank Herbert nous introduit dans son univers par les yeux de Paul Atréides dit plus tard Muad’Dib. Tout est nouveau. Tout est palpitant. Entre découverte, survie, trahison et prise de pouvoir, nous apprenons à aimer Arrakis (Dune), les Fremen, les dures conditions de vie et la souhaitée vengeance de Paul qui se fera en devenant l’empereur Muad’Dib.
Afin de faire ressortir ce vers quoi je me dirige pour le volume 2, voici une métaphore où les volumes 1 et 2 (tome 1 à 4) sont comparés à un levain.
Le tome 1 est un levain qui a faim et que l’on nourrit (départ de Caladan et découverte d’Arrakis). Le tome deux, c’est le levain qui gagne de l’énergie en dévorant les amidons (Vivre comme un Fremen). Le tome 3, c’est le levain qui double, triple ou quadruple son volume par sa vigueur et que l’on peut utiliser pour faire du pain (coup d’état et prise du pouvoir de Paul). Le quatrième tome de la série est un levain en fin de repas qui n’a pas été utilisé et qui descend en perdant de la consistance (Règne de Muad’Dib).
Pour moi, le volume 2 est décevant sous plusieurs aspects (levain en fin de repas) et bon sous d’autres (levain qui a faim).
Avant tout, il convient de dire que la longueur plus modeste du volume deux n’est pour rien dans ma déception ou mon appréciation.
Après des années de combats spatiaux, uniquement mentionnés, Paul lutte afin de trouver, avec ses dons prescients, l’avenue du temps le moins néfaste qui lui permettra de détruire la nouvelle religion qui l’érige comme Le messie de Dune, en dieu, et déjouer les coups d’État visant à le renverser.
C’est majoritairement le type d’intrigue qui m’a déçu dans ce volume. Une intrigue très politique. Oui, oui, la politique. Devenu l’empereur Muad’Dib, Paul lutte contre les coups d’État visant à le renverser, la nouvelle religion qui l’érige en dieu et les aspirations des divers camps opposés qui souhaitent orienter ses décisions. Bref, le pouvoir c’est jouer aux échecs.
Dans le cas de l’empereur Paul Muad’Dib, ce sont d’interminables parties d’échecs qui se jouent les unes après les autres au travers de ses dons prescients. Chaque avenue est une partie d’échecs se déroulant différemment. Conscient des conséquences et des implications politiques relatives à chaque avenue, Paul ne peut que choisir le moindre des maux.
Ouf! Pas très joyeux comme perspective!
Toutefois, durant ce tome, bien que je n’aie pas établi de rapprochements ou d’inspirations utilisés par l’auteur, j’ai aimé lire ce tome et découvrir des passages intéressants (voir la section en fin d’article) qui s’appliquent autant à l’univers de Dune qu’au monde dans lequel nous vivons.
L’avenue que Paul a choisie réside dans la naissance de ses enfants, Les enfants de Dune. Pour que cet avenir advienne, il n’hésite pas à sacrifier ce qu’il a de plus précieux.
Pour revenir à ma métaphore avec le levain, un levain en fin de repas, est un levain qui aura faim tôt ou tard. Un levain à nourrir et que l’on nourrit est un levain qui deviendra fort.
Si le levain originel est Paul Muad’Dib et que le levain à nourrir réside dans Les enfants de Dune, la série peut redevenir forte.
Style littéraire
Avec l’arrivée des enfants de Dune, le style littéraire de la série se cristallise encore davantage dans le sous-genre de la science-fiction qu’est le planet opéra.
Rappelons que dans le planet opéra l’action se déroule sur une planète. Au cours des péripéties, les personnages vont l’explorer et découvrir ses divers aspects (faune, flore, etc.)
De plus, le planet opéra s’intéresse aux aspects sociologiques, économiques, anthropologiques et à suivre l’évolution des civilisations au travers des ans. Chacun de ces aspects est représenté dans le volume deux. J’ai notamment aperçu divers volets sociologiques : religion, économie, environnement.
Il est également à noter que la naissance des enfants de Dune à la toute fin du volume renforce le sous-genre du planet opéra puisqu’il suit l’évolution des civilisations.
Conclusion
Mon aventure dans ce second volume de l’univers de Dune m’a fait une moins bonne impression que le premier volume.
L’intrigue très politique et les choix cornéliens présents ne m’ont pas enchanté. C’est fort probablement une question de goût personnel.
Toutefois, Frank Herbert poursuit la cristallisation du genre littéraire qu’il a choisi pour sa série et ouvre la porte à de nouvelles aventures dans l’univers de Dune avec la venue des enfants de Dune.
Bien qu’il semble diverger en bien des manières du livre (Vol. 1 ou tome 2-3), il me tarde de voir le second film qui paraitra le 1er mars 2024!
Citations intéressantes
Voici quelques citations intéressantes tirées du second volume.
« Qu’y a-t-il de durable dans la beauté et le plaisir ? demanda Edric. Nous détruirons les deux Atréides ! La culture ! Ils ne la dispensent que pour mieux gouverner. La beauté ! Celle qu’ils offrent ne conduit qu’à l’esclavage… Ils n’ont fait que créer des générations d’ignorants lettrés… ceux que l’on manie le plus aisément ! » p.140 ou 5 h 20
« Le développement de la production et celui des revenus doivent progresser au même rythme dans mon Empire. Voilà, en substance, ce que j’ordonne. Il n’y aura pas de difficultés de balance des paiements entre les diverses sphères d’influence. Simplement parce que j’ordonne qu’il en soit ainsi. Je tiens à insister sur mon autorité en ce domaine. Je suis le consommateur d’énergie suprême et le resterai, vivant ou mort. Mon Gouvernement, c’est l’économie. » p. 167 ou 6 h 18
« Les gens sont subordonnés au gouvernement, mais les gouvernés influencent les gouvernants. » p. 240 ou 9 h 15
« Au-delà d’un point critique dans un espace fini, la liberté décroît comme s’accroît le nombre. Cela est aussi vrai des humains dans l’espace fini d’un écosystème planétaire que des molécules d’un gaz dans un flacon scellé. La question qui se pose pour les humains n’est pas de savoir combien d’entre eux survivront dans le système, mais quel sera le genre d’existence de ceux qui survivront. » Appendice 1 ou 9 h 22
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