Mon avis… Summer wars t. 1-3

SUGIMOTO, Iqura. Summer Wars : t. 1-3. Paris : Kaze Manga, 2009

Seinen, 3 tomes.

Aujourd’hui, je vous présente mon avis sur les trois tomes de la série Summer Wars que j’ai relue à la fin juin afin d’atteindre mon objectif de lecture de manga de juin. J’ai longuement réfléchi de la forme que devaient prendre mes avis sur cette série et j’en suis venu à la conclusion que ces trois tomes sont inséparables et qu’il valait mieux les réunir dans un seul avis.

4e de couverture

Tome 1

« Kenji, un lycéen timide et surdoué en mathématiques, effectue un emploi d’été au service de la maintenance d’OZ, la plateforme communautaire d’Internet qui regroupe des millions de personnes à travers le monde. À sa grande surprise, la jolie Natsuki, la fille de ses rêves, lui propose de l’accompagner à Nagano, dans sa maison familiale, pour l’anniversaire de la matriarche du clan Jinnouchi. Mais ce qui promettait d’être une simple fête de famille va rapidement prendre une tournure bien plus belliqueuse… »

Tome 2

« Love machine, une intelligence artificielle évoluée, a mis la plateforme virtuelle d’OZ sens dessus dessous, engendrant également un chaos sans précédent dans la vie réelle. Et son concepteur n’est autre que le fils rebelle de la famille Jinnouchi, Wabisuke. C’est alors qu’un drame vient frapper les Jinnouchi. Au milieu de tout ça, Kenji va tenter de réparer ses erreurs et renouer avec la tradition du clan Jinnouchi : défendre ceux qui lui sont chers, quelles que soient ses chances de vaincre l’ennemi ! »

Tome 3

« Après la mort de la matriarche du clan Jinnouchi, la famille s’effondre, tout à son deuil. Mais Kenji ne va pas laisser Love Machine détruire la vie d’autres personnes. Les hommes de la famille prennent les choses en mains, renouant avec la tradition des batailles passées. Mais Love Machine réussit à s’échapper du piège et se transforme en gigantesque monstre, toujours plus assoiffé de pouvoir. Face à cette menace, les Jinnouchi vont devoir laisser leurs querelles de côté pour reformer le clan et continuer la lutte tous ensemble. 

La bataille finale a commencé ! »

Autre article sur le sujet

Premières lignes : Tome 1, Tome 2, Tome 3

Mon avis…

L’œuf ou la poule? Ou plutôt le film ou le manga?

Le film animé a été réalisé en 2009, alors que la série en trois tomes est parue en 2010 après le succès du film. Pour ma part, j’ai découvert le film en 2013 et je m’en suis délecté! Je l’ai d’ailleurs réécouté après la relecture de la série. Comme lors de la première écoute, j’ai été charmé par le côté facile d’accès de l’histoire et les nombreux rebondissements qui permettent de rester accroché jusqu’à la fin. Un succès!

Après l’écoute du film, je suis tombé sur le coffret manga de la série. Ne faisant ni une ni deux, j’ai lu avec un intérêt vif et soutenu l’histoire que je connaissais déjà. La série est elle aussi un succès, car tous les éléments du film sont présents dans le manga. Néanmoins, les légères divergences qui existent entre les deux œuvres ne posent aucunement problème, car la finalité et la magie de l’œuvre demeurent. 

Cette série est rafraîchissante par sa nature à l’eau de rose qui se complexifie et de par les valeurs véhiculées.

Les valeurs

L’histoire commence avec l’invitation de Natsuki à Kenji qui lui demande de se faire passer pour son petit ami. Cette idée a largement été employée par divers auteurs et réalisateurs. En soi, l’idée risque d’apporter un scénario comique et rebondissant…

Afin de bien comprendre la différence de point de vue au niveau des valeurs entre Kenji et Natsuki, il est à noter que Kenji vient d’une famille régulière, sans véritable passé qui travaille dur afin de s’en sortir. Quant à la famille de Natsuki, elle garde serrés les liens de la famille. D’ailleurs, quatre générations se côtoient au sein du château familial Jinnouchi. 

Clan matriarcal, les Jinnouchi se rassemblent auprès de la matriarche, Sakae, afin de célébrer ses 90 ans. Durant ces quelques jours auprès des Jinnouchi, Kenji grandit et apprend les valeurs familiales véhiculées par les Jinnouchi : amitié, famille, entraide et confiance. 

Tout au long de la série, les enseignements et les encouragements que grand-mère Sakae prodigue à sa famille renforce leur confiance en soi, renforce les liens familiaux et crée de nouvelles amitiés au plus fort de la tempête « Love Machine ».

Tiré du tome 3

La technologie

Dans cette série seinen, la technologie occupe une place centrale dans l’intrigue grâce à « Love machine » qui est déployée comme test par l’armée américaine dans l’univers virtuel OZ. 

Tiré du tome 2

Petite parenthèse, dans plusieurs fictions japonaises, il est question de la disparition ou de l’intégration du Japon. Cette peur est ancrée dans l’imaginaire par les nombreux tremblements de terre de l’archipel nippon, par les traumatismes vécus avec le major Perry en 1853,  par l’occupation américaine subie lors de la Seconde Guerre mondiale et par les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Ces traumatismes ressortent souvent dans les fictions avec Godzilla ou les catastrophes nucléaires. Parfois, le bouc émissaire idéal sont les États-Unis… Dans Summer wars, la menace nucléaire et américaine sont mentionnées. Fin de la parenthèse.

« Love machine » est une intelligence artificielle (AI) malfaisante qui, grâce au piratage et à l’encodage ou cryptage de données, paralyse OZ et la réalité. Heureusement, la famille Jinnouchi est pleine de ressources, ce qui permettra à ses membres de réunir une antenne extrême haute fréquence (EHF) de 100 GHz (niveau militaire) et un serveur de 200 Teraflops ou Tflops.

Le « flops » est une unité de mesure de la rapidité de calcul d’un système informatique. Elle s’exprime comme pour la quantité de stockage en méga, giga, téra, péta, exa, zetta ou yotta. La capacité la plus courante pour le stockage est maintenant le téraoctet soit mille milliard. Dans Summer wars, le serveur utilisé en 2010 est qualifié de superordinateur pour son temps. De nos jours, les superordinateurs peuvent atteindre l’exaflops. Quant aux consoles et ordinateurs de jeux, ils peuvent dépasser les 12 teraflops. Bref, le serveur de Summer wars est toute une bête! 

Grâce à ce matériel, ils auront la puissance nécessaire pour détruire « Love machine » qui menace la sécurité d’OZ et des humains. 

Un autre aspect de l’univers virtuel OZ, c’est qu’il permet de tout faire, comme dans le monde réel, grâce à un avatar. Situé en 2010 dans le manga, ce n’est que depuis quelques mois que le sujet des métavers prend de l’ampleur dans la réalité. Grâce à un avatar, il est possible d’expérimenter dans un univers virtuel en 3D les possibilités offertes par les métavers et la réalité virtuelle (VR). Parmi les métavers les plus populaires, en ce moment, il y a le jeu Fortnite.

Les Jeux

En plus de tous les jeux possibles dans OZ, le manga représente dans une page (en bas à droite) le jeu de go, un jeu qui pourrait remonter à plus de 4000 ans avant J.-C., mais dont les traces écrites avérées remontent à Confusius entre 551 et 479 avant l.-C. 

Tiré du tome 1

De plus, la série présente un jeu de cartes traditionnel japonais, le Koi-Koi. C’est après le visionnement initial du film que j’ai commencé à jouer au Koi-Koi sur mon téléphone et que j’ai effectué des recherches afin de trouver un jeu de cartes Hanafuda et les explications du jeu (voici le site que j’aime bien, malheureusement il est en anglais). 

Durant la période politique isolationniste du Japon qui a eu lieu entre le 17e et 19e siècle, les cartes occidentales ont été bannies. Les 48 cartes fleuries du Hanafuda ont alors vu le jour et se sont inspirées d’une thématique culturelle locale, les fleurs. C’est pourquoi le Hanafuda est aussi nommé Sakura ou Jeu des fleurs.

Tiré du site en anglais dont il était question plus haut
De gauche à droite et du haut vers le bas : Pin, Fleurs de pruniers, Fleurs de cerisiers, Wistéria, Iris, Pivoines, Pois, Gaminées, Chrysanthème, Érables, Saules et Paulownia.

Le dessin

Les illustrations de Iqura Sugimoto passent du simple au complexe tout en insérant des séquences de dessins très détaillés. Les scènes de combats sont souvent sobres, mais tout ce qui a trait à la vie familiale du clan Jinnouchi est complexe, voire très détaillé. Parmi les détails qui ont accroché mon œil,notons les diverses représentations de la thématique culturelle japonaise, les fleurs.

Les fleurs sont représentées sur deux des trois couvertures (tournesols et liserons). De plus, le liseron, aussi appelé belle-de-jour, gloire du matin ou lys des champs, est représenté sous divers angles, moment de la journée ou support. Ces fleurs apparaissent pour la première fois lors de l’arrivée de Kenji au château familial. Puis, on les revoit rapidement en arrière-plan de grand-mère Sakae ainsi que sur son yukata. Cette planche offre également de nombreux détails, dont le jeu de go.

Outre le liseron qui revient périodiquement, on peut apercevoir du paulownia sur un tasse, des pins, des pruniers, des cerisiers, des pois, des graminées et des saules. Toutes sont des fleurs du hanafuda…

L’auteur excelle également dans le dessin des émotions des personnages que ce soit la peur, l’inquiétude, la détermination, la concentration, la joie ou la tristesse, chaque visage est parlant.  Que ce soit dans les yeux de King Kazma, le visage de Kenji ou de Kazuma ou bien encore cette fresque de deux pages montrant la tristesse de la famille, tout y passe et le dessin exprime avec brio beaucoup de nuances. 

En plus des émotions visibles sur les visages, Iqura Sugimoto reprend avec succès les codes graphiques du manga en présentant notamment des personnages avec des lignes sous les yeux afin de représenter des rougeurs, signes d’embarras, d’amour, de gêne ou d’ivresse. Il inclut même, à la fin du manga, un passage où Kenji saigne du nez, signe d’une excitation érotique quelconque (baiser, décolleté, etc.)

Les réalités

Pour finir cet article, je vais vous parler de certains aspects du réel qui m’ont turlupiné ou que j’ai trouvé intéressant de mentionner.

Pour commencer, le lycée de Kenji et Natsuki… Natsuki à 18 ans et Kenji 17, mais l’auteur en parle comme si c’était 3 à 5 ans d’écart… Finalement, les deux sont du même niveau ou au maximum 2 niveaux d’écart en fonction de leur anniversaire. Au Québec, à 17-18 ans, on est au Cégep et à 19 ans, c’est l’université. Je sais… c’est une broutille, mais ça m’a chicoté (titillé)! 

L’autre aspect qui m’a turlupiné, c’est l’emplacement du château de la période Edo de la famille Jinnouchi. Les pistes inscrites dans le manga font état de Tokyo, de l’arrêt Ueda du shinkansen et de deux heures de route de Niigata. Or, rien ne justifie de descendre à Ueda pour prendre un train qui éloigne encore plus de Niigata (3h30 de route). Bref, quelques erreurs sur le parcours pour situer le domaine familial…

Une point que j’ai trouvé intéressant au périple de Kenji et Natsuki vers le domaine familial, c’est la mention des moyens de transport en commun présents au Japon. Présenté sous la forme d’une figure de style de type gradation décroissante, il est mention du Shinkansen (train à grande vitesse), du train (de type tramway à plusieurs wagons), du tortillard (tramway à un wagon), du bus et des pieds.

Un autre élément visuel que j’ai apprécié, c’est la présence du chien typique japonais, le shiba inu. Bien qu’il n’ait pas d’utilité dans l’histoire, j’ai constaté sa présence récurrente.

Conclusion

Le manga qui commence comme une escapade à la campagne se transforme en un drame, puis en un combat qui mobilise les connaissances et les forces de tous les membres de la famille Jinnouchi. 

Ce seinen aux allures de shonen commence comme une balade à vélo, qui se continue par une course de F1, puis un voyage en avion de chasse et une fin tendue qui se déroule à vitesse  supraluminique!  De quoi perdre le souffle!

Néanmoins, les trois tomes qui composent l’œuvre sont d’une grande richesse au niveau des valeurs, de la technologie, des dessins et des particularités typiquement japonaises.

C’est assurément un film que je vais revoir et une série que je vais relire dans quelques années.

Au cours de l’écriture des premières lignes des trois premiers tomes, j’ai découvert trois autres tomes hors-série que je n’ai pas encore lus. Je m’en vais de ce pas acheter les deux tomes de Summer wars : King kazma vs. Queen OZ et l’anthologie de Summer wars.

Crierez-vous, vous aussi, « Koi-Koi! »?

Vidéo promotionnelle du film

Galerie d’images

2 commentaires sur « Mon avis… Summer wars t. 1-3 »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :