Premières lignes : L’archipel des larmes

Chères lecteurs et lectrices aimant la lecture,

Cette semaine, j’ai commencé le roman audio L’archipel des larmes de Camilla Grebe publié par Calmann-Lévy et Audible.

Le rendez-vous hebdomadaire Premières lignes a été créé par Ma lecturothèque  et il vise à faire découvrir un livre au travers de ses premières lignes. Je vise à vous faire découvrir mes nouvelles lectures au travers de ses premières lignes et de sa 4e de couverture.

N’hésitez pas à me faire part de vos réflexions ou à inscrire en commentaire le lien de votre rendez-vous.

4e de couverture

« Une nuit de février 1944, à Stockholm, une mère de famille est retrouvée morte chez elle, clouée au sol. Trente ans plus tard, plusieurs femmes subissent exactement le même sort. Dans les années 80, le meurtrier récidive mais ce n’est qu’aujourd’hui que des indices refont surface. Britt-Marie, Hanne, Malin… A chaque époque, une femme flic se démène pour enquêter, mais les conséquences de cette traque pourraient s’avérer dévastatrices. L’Archipel des larmes, magistralement construit, nous fait traverser les décennies suédoises en compagnie de femmes hors du commun, avides de justice, et déterminées à arrêter ce monstre. »

Premières lignes

«

« Les mots peuvent-ils apaiser et guérir ?

Un récit peut-il aider à comprendre l’incompréhensible ? Le transformer en une chose que l’on peut appréhender, contempler de l’extérieur et, peut-être un jour, laisser derrière soi, tel un lieu où l’on a vécu, passé beaucoup de temps, mais qu’après mûre réflexion on décide d’abandonner ?

Si je place un mot après l’autre, si je compose des phrases, des paragraphes, si je parviens à insuffler la vie à l’histoire qui prend forme, peut-elle devenir le radeau qui me permettra de sortir des ténèbres ?

Je vais essayer.

Voici mon récit, mon radeau. Il commence avec Elsie Svenns.

Elle est, si je puis dire, la première héroïne de ce livre. Elle est également sa première victime. Mais elle l’ignore encore, cela va sans dire, en cette soirée tardive de 1944, quand elle s’accroupit près d’un enfant au commissariat de Klara à Stockholm.

Elsie, STOCKHOLM, FÉVRIER 1944

Le garçonnet, qui ne peut pas avoir plus de cinq ans, est affublé de nippes et ses cheveux sales grouillent de poux.

— Où habite ta tante ? essaie encore Elsie.

Le garçon ne répond pas. Il pince les lèvres et baisse les yeux sur ses chaussures élimées.

Sa mère, Sara la folle, est en train de cuver son vin à la maison d’arrêt, au département des femmes. Il n’a pas de père. Ça, ils le savent tous, aussi bien Elsie que les agents qui ont traîné Sara au commissariat de police de la rue Mäster Samuelsgatan il y a moins d’une heure.

Deux hommes en civil longent l’étroite allée qui mène aux appartements des policiers célibataires attenants au commissariat. Elle reconnaît vaguement l’un d’entre eux. On murmure qu’il travaille

pour les services de la Sûreté générale, chargés d’identifier les menaces qui pèsent sur la nation. Mais on ne peut en parler tout haut, même ici, au commissariat.

Les hommes disparaissent, laissant derrière eux une légère odeur de cigarette. Le petit racle le sol de ses semelles et Elsie soupire. Elle a tout essayé – la douceur, la prévenance, le lait chaud. Le garçon a même goûté les gâteaux aux amandes que les agents ont rapportés ce matin de la boulangerie rue Drottninggatan. En vain.

La vue de l’enfant lui fait penser à la famille qui aurait pu être la sienne.

Elle avait un fiancé, Axel. Un homme du Norrland, grand comme un ours avec un cœur d’or. Mais, quatre ans plus tôt, le ferry qui traversait le lac Armasjärvi en Tornédalie, avec à son bord deux pelotons du régiment d’ingénieurs de Boden, avait chaviré. L’eau était glacée, les soldats lourdement harnachés – Axel n’avait aucune chance, malgré sa force physique.

(…) »

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