Premières lignes : Luca

Chères lecteurs et lectrices aimant la lecture,

Cette semaine, je vous présente les premières lignes du roman Luca de Franck Thilliez publié par Lizzie – Univers Audio et Fleuve éditions que j’ai lu en août 2021. Demain, découvrez mon avis sur ce polar.

Le rendez-vous hebdomadaire Premières lignes a été créé par Ma lecturothèque  et il vise à faire découvrir un livre au travers de ses premières lignes. Je vise à vous faire découvrir mes nouvelles lectures au travers de ses premières lignes et de sa 4e de couverture.

N’hésitez pas à me faire part de vos réflexions ou à inscrire en commentaire le lien de votre rendez-vous.

4e de couverture

«  » Existe-t-il encore un jardin secret que nous ne livrons pas aux machines ? « 

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer. »

Premières lignes

«Juillet 2016

Le rendez-vous était fixé dans un hôtel bas de gamme du Mesnil-Amelot, à deux kilomètres des pistes de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Pour Hélène et Bertrand Lesage, un couple marié jusque-là sans histoires, les minutes à venir seraient cruciales. Leur véhicule stationnait au fond du parking, phares éteints. Dans son siège, Bertrand ne tenait plus en place.

— Natacha devrait arriver d’ici un quart d’heure. Je lui enverrai le numéro de la chambre quand je serai à l’intérieur.

Même si Hélène Lesage avait attendu ce jour depuis une éternité, un mot de son mari suffirait pour qu’elle abandonne. C’était trop risqué, trop aléatoire. Et comment accorder sa confiance à cette Natacha

qu’ils n’avaient jamais vue ? Tout ce qu’ils savaient d’elle se résumait à une compilation de messages électroniques.

— On peut encore faire demi-tour.

Bertrand manipulait une épaisse enveloppe – cinq mille euros en billets de cinquante, plus de deux ans d’économies.

— Non. On galère depuis trop longtemps. S’il te plaît, Hélène, épargne-nous ça. On a étudié toutes les possibilités, il n’y a pas d’autre moyen, et tu le sais.

— Mais on ne connaît rien d’elle ! On n’a aucune garantie, aucune assurance ! Tout s’est passé si vite ! Tu te rends compte ? Et si elle disparaît ? Et si… je ne sais pas moi, et si elle boit ou se drogue pendant que…

— On en a déjà discuté. On se prépare à ce moment depuis des semaines, on ne peut plus reculer. Et puis, je vais filmer. Au moins, on aura une trace.

— C’est un cauchemar.

Il lui caressa le visage. Ça l’avait toujours apaisée dans les moments difficiles.

— Je suis conscient de tous les sacrifices que ça implique et que ça impliquera. Je le sais, Hélène. Mais dis-moi, là, maintenant, que tu ne veux pas de ce bébé. Dis-le-moi, et on arrête tout.

Hélène ne trouva pas la force de répondre, alors Bertrand fourra l’enveloppe au fond d’une sacoche en cuir et sortit.

Il apercevait les pistes, au loin. Le tarmac, brûlant dans la journée, refroidissait avec langueur et luisait désormais sous les balisages des feux blancs et rouges, qui se perdaient à l’horizon.

Il serra son sac contre son flanc et avança vers l’hôtel lugubre. Des distributeurs automatiques de chambres géraient l’ouverture des portes et la location des nuitées. Il fallait taper le code fourni par une machine pour prendre possession de la chambre, quatre murs anonymes, des meubles et rideauxc ouleur taupe. Un vrai clapier pour voyageurs en transit. Bertrand disposa un réveil à affichage digital sur le meuble, sous la télé face au lit. On n’arrêtait pas le progrès : l’insoupçonnable leurre contenait une caméra grand-angle qui filmait en haute définition, ainsi qu’une carte mémoire capable de contenir des heures de vidéo. Il activa l’enregistrement par pression du bouton « Réveil », puis pianota un mail sur son téléphone, à destination de natacha.nat@gmail.com. Sa correspondante témoignait d’une prudence maladive et n’avait pas voulu lui donner un numéro de portable.

»

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