Mon avis… Luca

Thilliez, Franck. Luca. Paris: Lizzie – Univers Audio, 2019. (version audio)

Thilliez, Franck. Luca. Paris: Fleuve édition, 2019, 552 p.

Aujourd’hui, je poursuis le rattrapage des chroniques et des avis en retard avec le polar Luca de Frank Thilliez que j’ai écouté au cours du mois d’août 2021. 

4e de couverture

«  » Existe-t-il encore un jardin secret que nous ne livrons pas aux machines ? « 

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer. »

Autres articles portant sur Franck Thilliez

Sharko — Chronique

Premières lignes : Luca

Mon avis…

Franck Thilliez a décidé de faire comme la police judiciaire de Paris qui a déraciné le mythique 36 quai des Orfèvres au 36 rue du bastion. 

Après les violents et sanglants événements de la précédente enquête (relatée dans Sharko) Franck Sharko se retrouve dans un nouvel environnement aseptisé qui ne tardera pas à faire son premier mort. 

Dans ce polar visionnaire traitant de bioéthique (nouveaux problèmes éthiques survenant grâce aux avancées de la biologie et de la médecine). L’auteur commence doucement. Son récit s’amorce par les problèmes d’un couple qui ne peut avoir d’enfant et qui décide de payer une mère porteuse. Rapidement, ces événements sont occultés par d’autres plus troublants et violents commis par « L’ange du futur ». 

Ce nouveau tueur, appelons un chat un chat, utilise le phénomène d’hyperconnectivité afin de commettre ses crimes. L’hyperconnectivité se traduit par le fait que, de nos jours, la majorité a accès à internet en tout temps et qu’il a accès à une foule de données en temps réel. Ces données sont de tous genres : rythme cardiaque, fréquence respiratoire, données d’un pacemaker (stimulateur cardiaque), suivi du diabète, températures, aspirateurs, etc. Lorsque ces données sont consultées pour le bon besoin, elles ne présentent aucun danger. En plus de prendre ces nouvelles technologies, le tueur utilise les boutons de vote des réseaux sociaux afin que tous décident du sort de ses prisonniers. Qui survivra au public?

Cette partie de l’histoire est très intéressante et bien palpitante, mais lorsqu’un tueur s’empare du contrôle de la technologie, c’est rapidement la catastrophe. L’auteur profitera des dérives de ce tueur techno afin de mettre de l’avant l’avancée des technologies au niveau du biologique. Ces technologies, allant de la simple prothèse à la modification de l’ADN en passant par l’intelligence artificielle, amènent de quoi faire réfléchir la personne qui lit sur ces nouvelles réalités de la bioéthique. 

C’est à ce moment que Franck Thilliez choisit de suivre la piste ténue entre « L’Ange du futur » et le couple qui ne peut avoir d’enfant. À partir de ce point, l’auteur délaisse graduellement le volet technologique afin de se concentrer sur le volet ADN.

Ce volet permettra de mettre en lumière une technologie de modification qui prend de l’ampleur dans le domaine scientifique : le CRISPR. Grosso modo, le CRISPR est un «programme» qui lit l’ADN afin de trouver un endroit en particulier, de couper l’ADN et de coller une séquence plus favorable que celle coupée. Brillant et effroyable à la fois! L’auteur profitera de cette tournure dans le récit afin de parler d’un peu de tout sur l’ADN. 

Depuis la lecture de Luca, j’ai eu l’occasion de tomber sur au moins trois articles inusités en lien avec l’ADN. Sans en faire un résumé complet, voici certains éléments qui m’ont frappé. 

Dans l’article en anglais « Why are scientists bringing woolly mammoths back from extinction? », il est question d’utiliser la technologie CRISPR afin de créer des hybrides de mammouth. Jusqu’à présent, 12,6 millions d’Euros ont été amassés afin de ramener cette espèce éteinte il y a environ 4 000 ans, soit environ au même moment que l’édification de la Grande Pyramide de Gizeh par Khéops. Plusieurs se demandent, mais pourquoi? Selon l’article, les migrations de mammouths dans le Grand Nord permettraient de le préserver. Selon eux, piétiner le pergélisol permettrait au sol nordique de rester gelé plus longtemps. Tout pour ne rien arranger durablement!

Dans le second article en anglais, «The Once-Extinct Aurochs May Soon Roam Europe Again », il est question des aurochs. En 1621, alors que la Nouvelle-France de Champlain compte 60 habitants, le dernier auroch mâle meurt. Ses cornes ont été transformées en coupes à boire ornementées. Au lieu de fabriquer des hybrides en laboratoire, ce projet de ramener les aurochs se fait grâce à des croisements entre des bovins qui ont les caractéristiques recherchées. Par exemple, la vache holstein (vache laitière noire et blanche) a 95 % d’ADN d’auroch alors que la vache espagnole pajuna en a 98 %. Encore là, plusieurs se demandent, mais pourquoi? La « récente » disparition de l’animal n’a pas encore été comblée au niveau de l’écosystème.

Nous avons appris dans les dernières semaines que les scientifiques ont enfin pu séquencer l’ADN d’un mythique oiseau disparu aux alentours de 1662, le dronte ou dodo. Certains espèrent revoir en chair et en os ce mythique oiseau de l’île Maurice, mais pourquoi?

Revenons à nos moutons.

Avec tout le volet ADN, Franck Thilliez souhaite attirer l’attention du lecteur et le faire se questionner sur le bien fondé d’utiliser ces nouvelles connaissances afin de guérir ou d’empêcher certaines maladies génétiques. S’ouvre alors une boîte de Pandore au sujet de la bioéthique.

Tout au long du polar, qui flirte avec le roman noir, Franck Thilliez introduira une nouvelle enquêtrice prometteuse, Audra Spick. Cette intrépide et persévérante policière laisse entrer un vent de fraîcheur dans la série. Nicolas aurait-il un autre projet plus stimulant?

Conclusion

Après l’écoute du sanglant et palpitant 10e roman de la série Sharko et Henebelle, Sharko, Luca fait pâle figure à côté. Néanmoins, bien qu’il demeure extrêmement intéressant, Luca ne fait pas partie des romans que je préfère de cet auteur.

Encore une fois, avec ce 11e roman de la série Sharko et Henebelle, Franck Thilliez traite d’un sujet sérieux, préoccupant et évolutif, la bioéthique. Chaque nouveau roman de Franck Thilliez me subjugue par la quantité impressionnante de recherches qu’il doit effectuer afin d’arriver à un tel résultat.

Luca aborde de nombreux sujets actuels dont les affres et les dérives de la technologie et des médias sociaux qui sont constamment présents dans nos vies.

Citations amusantes

« L’information allait se propager avec la violence d’une tempête de crachats…» Tiré du chapitre 18

« C’est rien, juste des ronces. Juste des ronces! On dirait qu’une débroussailleuse t’est passée dessus. » Tiré du chapitre 18

« Il était le plus grand des quatre et d’une maigreur de phasme. » Tiré du chapitre 18

3 commentaires sur « Mon avis… Luca »

    1. À mon avis, si tu en as déjà lu quelques uns et que ça ne ta pas plus, je dirais que ses livres ne sont pas pour toi.

      Je remarque souvent que ses livres tendent à pousser le lecteur à la réflexion.

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :