Mon avis… Chiruran t. 6

UMEMURA, Shinya; HASHIMOTO, Eiji. Chiruran Shinsen Gumi Requiem : 6. Paris : Mangetsu, 2022.

Seinen, plus de 32 tomes (11 t. en français)

Chers lecteurs et chères lectrice,

Aujourd’hui, je vous présente mon avis sur le tome 6 de Chiruran que j’ai lu au cours du mois d’octobre. Encore une fois, nous avons droit à un tome bourré d’actions et d’analepses!

4e de couverture

« Izô Okada, surnommé « Izo l’assassin » sème la terreur au sein des rues de Kyoto. Quels événements ont fait de lui un meurtrier craint de tous? L’histoire de cet homme, qui a vécu plus que quiconque dans la droiture et l’amour du sabre, toucherait-elle à sa fin?»

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Premières lignes : Chiruran tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6

Mon avis…

Alors que je pensais à ce que j’allais écrire comme avis, je me suis dit qu’il y avait peu d’éléments notables dans ce tome. Que j’allais vous parler un peu des fleurs, de l’osore ainsi que des retours dans le passé (analepses) qui m’ont désorienté et laissé un peu déboussolé. 

Puis, j’ai relu l’avis que j’ai écrit sur le tome 5. À vrai dire, j’aurais dû commencer par là avant de lire le tome 6 puisque le tome 5 a été lu en mars dernier… Cela m’aurait remis dans l’histoire, car à ce moment, je me suis dit : « Que nenni! Quel tome riche! »

Bon! Commençons par les fleurs!

Fleurs

Dans l’avis sur le  tome 5, je suis revenu sur la thématique des fleurs qui est présente partout. Pots de fleurs, kimono, mon, kamon, etc. Cependant, il y a un lien que je n’ai pas divulgué. Au terme du tome, le Mibu Rôshi Gumi a essuyé sa première perte. Cette perte a laissé des pétales se disperser, car comme l’annonce le premier chapitre de la série, ce manga porte sur « Chiruran, les pétales dispersés ».

Dans le tome 6, les fleurs se font discrètes. Néanmoins, j’ai remarqué leur présence sur des kimonos ainsi que dans une planche délicate présentant un sakura (cerisier japonais).

Dessins

En plus des fleurs qui apportent une touche de détails à l’histoire, Eiji Hashimoto a dessiné des pleines lunes extrêmement détaillées ainsi que de magnifiques panoramas qui nous transportent directement sous le ciel étoilé du Japon. 

Izô Okada sur le pont
Izô Okada et Toshizô Hijikata sur le pont

En plus de ces éléments graphiques de toute beauté, l’osore fait son retour.

Osore

Outre les fleurs et les panoramas, j’ai également remarqué la présence d’osore qui entoure, se dégage de certains personnages, signe de leur puissance et de leur volonté.

Osore : dans le manga Nura, Le seigneur des Yokaï, la terreur (Osore) est ce qui donne une partie de son pouvoir au yokaï. C’est également l’aura que dégage un combattant vis-à-vis d’un autre combattant.

Nous retrouvons un bel osore entourant Toshizô Hijikata portant le haori (cape) à motifs en dents-de-scie lors de son combat contre Shinbee Tanaka et un autre lors de son combat contre Izô Okada.

On retrouve également une belle aura de puissance qui entoure Shinbee Tanaka lors de son combat contre Toshizô Hijikata.

Techniques

Shiya Umemra, le scénariste du manga, profitera des décors et des osores dessinés par Hashimoto pour incorporer un élément de maîtrise des techniques de combat à Chiruran. Jusqu’à présent, aucun nom de technique n’avait été incorporé à ce manga bien que ce soit fort répandu dans d’autres manga de combat comme Kenshin le vagabond ou Nura, Le seigneur des Yokaï

La première et la seconde technique sont employées par Shinbee. Le Nuki-Soku-zan de l’école Nodachi Jigen-Ryû. Cette technique est si rapide qu’elle permet d’abattre son adversaire du premier coup. Advenant que cette dernière échoue, elle peut être enchainée avec la technique Ura Dachi Tonbo (La frappe de la libellule). Ces techniques sont réelles, à quelques traductions près. 

Le Nuki-Soku-zan (tirer le sabre et rencontrer immédiatement) est composé de huit techniques (une par direction) ainsi que de nombreux préceptes permettant de développer de nombreuses vertus (courtoisie, concentration, beauté de mouvement, etc.). La pratique du Nuki-Soku-zan conduit à la maîtrise de soi, ce qu’a manqué Shinbee lors de son combat. Généralement, le Nuki-Soku-zan vise à maîtriser l’adversaire avec un coup de barre oblique pendant que celui qui l’utilise se blinde mentalement afin de vaincre un adversaire, quel qu’il soit (homme, cheval, loup, etc.). Ces techniques et préceptes sont ensuite repris par de nombreuses écoles qui les affinent à leurs techniques. 

Le leitmotiv de l’école Nodachi Jigen-Ryû est qu’un seul coup est suffisant. La technique de base se nomme Tonbo-no-kamae ou la position de la libellule. L’épée levée et au-dessus de l’épaule droite, l’assaillant court vers son opposant avant de descendre en diagonale son sabre. On raconte que les élèves de cette école pratiquaient, avec un bâton et un poteau de bois, 3000 fois le matin et 8000 fois l’après-midi et que durant les entraînements, on pouvait sentir une odeur de fumée se dégager des poteaux. Les techniques de l’école Nodachi Jigen-Ryû sont toujours enseignées de nos jours dans la ville de Kagoshima.

La troisième technique est montrée par le vice-commandant du Mibu Rôshi Gumi, Toshizo Hijikata. Ayant étudié à l’école Tennen Rishin-Ryû, qui a le leitmotiv d’achever son adversaire quitte à en mourir, Toshizo emploiera la 7e technique du sacrifice, l’ingyô Ryûbi-Ken (La queue du dragon).

L’école Tennen Rishin-Ryû a été fondée par Kondo Kurasuka Nagahiro (1er Soke) qui est l’arrière-arrière-grand-père de Kondo Isami (4e Soke et personnage de Chiruran). Bien que plusieurs techniques se soient perdues au fil du temps, la technique du Ryûbi-Ken est toujours enseignée de nos jours par le 10e Soke de l’école, Harai Masato.

Histoire 

Chiruran est un manga chargé en histoire qu’il convient d’approfondir afin de bien comprendre cette période mouvementée du Japon.

Petit rappel historique des événements du tome 5. L’Empereur Komei Tenno rompt avec la tradition d’être un figurant du gouvernement japonais et fait plier le gouvernement shogunal (Bakumatsu). Ce changement de position met le feu aux poudres et crée deux factions, les pro-shogun (dont le Mibu Rôshi Gumi) et les pro-impériaux . 

Afin de nuire au Shogun, l’empereur créera le Bakumatsu yon daihitokiri (Quatre assassins du Bakumatsu), un groupe de quatre samouraïs, qui sera chargé d’éliminer le plus de haut-gradés du Bakumatsu afin de l’affaiblir. En réponse à ce groupe, le Bakumatsu charge le Mibu Rôshi Gumi de mettre un terme aux agissements de ces assassins.

L’histoire officielle retiendra que :

  • Tanaka Shinbei (Shinbee) se fit seppuku lors de son interrogatoire. (Dans Chiruran, il est exécuté par Hijikata).
  • Okada Izô fut capturé, puis exécuté le 11 mai 1865.

Pour ceux qui désirent en apprendre plus, je vous invite à consulter les autres articles portant sur les tomes de cette série et à lire la section Rappel – Réalité historique qui se trouve sous la conclusion ci-dessous.

Conclusion

Eiji Hashimoto persiste et signe les planches foisonnantes en action de ce tome par ses dessins riches en détail complexes. Que ce soit la présence discrète de fleurs, de panoramas ou d’osores, le mangaka transmet aux lecteurs les émotions véhiculées par l’histoire contée dans Chiruran.

Shinya Umemura trace quant à lui la trame historique du manga en intégrant des techniques de sabre et des éléments de l’histoire du Japon.

Cette histoire est contée au travers d’analepses expliquant la vie des personnages et l’environnement socio historique. Dans ce tome, les analepses portent sur Okada Izô et la jeunesse de Toshizo Hijikata.

Pour ma part, bien que je trouve que la dernière analepse (sur la jeunesse d’Hijikata) n’y a pas sa place, puisqu’elle n’a aucun lien avec les événements précédant ou ceux qui se déroulent dans le tome 7, j’ai aimé le rappel du thème floral, le retour des dessins avec osore, le bout historique ainsi que l’arrivée surprise des noms des techniques.  

Alors que le Mibu Rôshi Gumi croît en nombre et en renommée, les tensions entre les pro-Kondo et les pro-Serizawa arrivent à leur paroxysme! Place au tome 7!

Rappel – Réalité historique

Sans faire un portrait détaillé de la réalité historique, voici quelques faits qui vous éclaireront sur les événements relatés dans Chiruran qui se déroulent durant la majeure partie de l’époque Edo et chevauchent plusieurs ères. 

Durant l’époque Edo, le Bakufu d’Edo ou shogunat Tokugawa, un gouvernement militaire féodal, régnait sur le Japon au nom de l’empereur qui avait davantage un rôle de figurant que de décideur. 

Époque Edo ou période Tokugawa : 1600 à septembre 1868
Ère Kaei : Février 1848 à novembre 1854
Ère Ansei : Novembre 1854 à mars 1860
Ère Man’en : Mars 1860 à février 1861
Ère Bunkyu : février 1861 à février 1864
Ère Genji : février 1864 à avril 1865
Ère Keio : avril 1865 à septembre 1868
Époque et Ère Meiji : septembre 1868 à 1912

Le récit commence en 1912 à Edo (Tokyo) avant d’effectuer une analepse (retour dans le passé) en 1859. Voici quelques faits historiques :

  • En 1854 (an 7 de l’ère Kaei), le Commodore Perry fait signer de force un traité aux Japonais, mettant ainsi un terme à 200 ans d’isolationnisme.
  • En 1859, début de l’histoire de Chiruran (an 6 de l’ère Ansei)
  • 8 février 1863 (an 3 de l’ère Bunkyù), fondation du Rôshi Gumi, puis après avoir marché sur Kyoto, le Rôshi Gumi éclate en deux groupes.
  • 15 mars 1863, le Rôshi Gumi retourne à Edo, le Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu » est placé sous la tutelle du Clan Aizu.
  • Avril 1863, l’Empereur Komei Tenno rompt avec la tradition d’être un figurant et fait plier le Bakumatsu (gouvernement shogunal). Ce changement de position met le feu aux poudres. Les batailles pro-shogun contre pro-impériaux prennent de l’ampleur et des navires marchands anglais sont même coulés par les pro-impériaux.
  • Août 1863, le Shinsen Gumi se sépare du Mibu Rôshi Gumi .
  • En 1868, Restauration Meiji (époque Meiji 1868-1912)
  • En 1869, le Shinsen Gumi est dissous.

Voici quelques personnages historiques.

  • Toshizo Hijikata,  « Démon du Shinsen Gumi, Le chien fou du Shieikan »
    • 24 ans au début de l’histoire.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Saito Hajime (Goro Fujita)
    • 16 ans au début de l’histoire.
    • Ex-membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan.
  • Shinpachi Nagakura
    • 20 ans au début de l’histoire. À la fin de l’histoire, il est vivant et il a 72 ans.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
    • Ex-capitaine du 2e groupe de combat.
  • Soji Okita, « le sabreur démoniaque »
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Isami Kondo (Maitre du dojo)
    • 31 ans au début de l’histoire.
    • Membre et maitre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Sanosuke Harada, « Le faucheur »
    • 19 ans au début de l’histoire.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Keisuke Yamanami
    • 26 ans au début de l’histoire.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Eisaburô Abiru
    • Décédé en 1863 à 21 ans.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Heisuke Todo
    • 15 ans au début de l’histoire.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Kamo Serizawa
    • Membre du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Katamori Matsudaira 
    • Samouraï qui a vécu (1836 à 1893) pendant la fin de l’époque Edo et la première moitié de l’ère Meiji. 
    • Il a été le 9e Daimyo du clan Aizu et le Commissaire militaire de Kyoto. 
    • Il a vécu le Bakumatsu (où le Shinsen Gumi était responsable de la sécurité de Kyoto) et la guerre de Boshin (guerre civile opposant le gouvernement shogunal à l’empereur Meiji).
  • Tanaka Shinbei 
    • Samouraï pro-impérial qui a vécu (1832 à 1863) pendant la fin de l’époque Edo.
    • Il est l’un des quatre hitokiri du bakumatsu.
  • Okada Izô, « Izô l’assassin »
    • Samouraï pro-impérial qui a vécu (1838 à 1865) pendant la fin de l’époque Edo.
    • Il est l’un des quatre hitokiri du bakumatsu.

Galerie d’image

Voici quelques images de ce tome

Izô Okada
Combat amical entre Izô Okada et Toshizô Hijikata

2 commentaires sur « Mon avis… Chiruran t. 6 »

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