Mon avis… Route end t. 6-8

NAKAGAWA, Kaiji. Route End : t. 6 à 8. Paris : Ki-oon, 2018.

Seinen, 8 tomes.

Aujourd’hui, toujours pour des raisons pratiques, je vous présente mon avis sur les trois derniers tomes (6 à 8) de la série Route End dessinée par Kaiji Nakagawa.

4e de couverture

Tome 6

« Kito, qui poursuit les recherches concernant l’affaire End en loup solitaire, finit par tomber sur un mystérieux personnage… qui n’est autre que Koji Tachibana ! L’ancien patron d’AUM Nettoyage promet de lui révéler des informations au sujet du tueur en série, mais à une condition : que la police mette fin à l’enquête sur les triplés.

De son côté, Igarashi découvre, contre toute attente, l’identité du précédent locataire de l’appartement où a eu lieu l’un des homicides tandis que, au même moment, Kito reçoit un coup de fil de son fameux indic : End serait en train de passer à l’action ! Les deux agents se rendent alors à l’endroit indiqué sans hésiter, dans l’espoir de coincer enfin le meurtrier…

La chasse à l’homme est lancée ! Personnages complexes et meurtres mystérieux, tous les ingrédients sont réunis pour une enquête palpitante signée Kaiji Nakagawa, le nouveau talent du thriller psychologique ! »

Tome 7

« Après avoir passé des mois à investiguer, la police réussit enfin à mettre la main sur l’insaisissable End… Mais lorsque son identité est révélée, le choc est immense pour Taji ! Commence alors une véritable descente aux enfers pour la famille Haruno, harcelée par les proches des victimes et par les journalistes…

Tandis que le nettoyeur de cadavres perd pied face à l’horrible vérité, les enquêteurs étudient le profil du meurtrier : qu’est-ce qui a bien pu pousser un homme au comportement en apparence exemplaire à devenir un serial killer ?

La chasse à l’homme est lancée ! Personnages complexes et meurtres mystérieux, tous les ingrédients sont réunis pour une enquête palpitante signée Kaiji Nakagawa, le nouveau talent du thriller psychologique ! »

Tome 8

« Alors que la famille Haruno est au plus bas, une révélation vient bouleverser l’intégralité de l’enquête… En effet, les meurtres que Masato aurait commis seraient en réalité des suicides. Pour le jeune homme, traumatisé par le violent décès de sa mère, un doux mensonge aurait été plus facile à accepter qu’une horrible vérité…

Malgré tout, d’autres interrogations subsistent, à commencer par la raison qui a poussé toutes ces personnes à en finir avec la vie. Quelque chose semble bien lier les victimes entre elles… mais quoi ?

L’affaire End touche à sa fin… Le mystère sera-t-il véritablement résolu ? Découvrez-le dans le dernier volume de ce thriller haletant ! »

Autre article sur le sujet

Premières lignes : Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6, Tome 7, Tome 8

Mon avis : Tome 1, Tome 2, Tome 3 à 5

Mon avis…

Il est temps de conclure mes avis sur cette série. Cet avis, qui couvre les trois derniers tomes, sera séparé en quatre sections : le deuil, les traumatismes, l’enquête et le fantastique. 

Avertissement! Afin de conclure l’histoire et d’expliquer certains faits, les sections sur le deuil et sur l’enquête dévoilent des éléments clés de l’intrigue… Si vous souhaitez connaître mon avis général sur les trois derniers tomes de la série, sautez à la conclusion.

Allez c’est parti!

Le deuil

Dans mon avis sur les tomes 3 à 5, j’ai élaboré sur le deuil et, par rapprochement, la mort comme principales thématiques mise de l’avant par Kaiji Nakagawa dans son œuvre… Néanmoins, le stade du choc a été peu ou pas représenté jusqu’à présent… 

Le premier stade, le choc, est la réaction initiale face à l’annonce de la mort. Les personnes sont généralement sans voix, sans expression et sans émotions. Rapidement, le proche passe au second stade, le déni. Peu présent dans les cinq premiers tomes, puisque l’histoire se focalise sur le après, le choc est présenté par l’annonce de l’identité de End à Taji. À ce moment, Taji Haruno est figé, sans voix, en état de choc… 

Le choc de l’annonce de l’identité du tueur est également vécu par le lecteur, puisqu’il ne s’attend pas à une telle révélation en début du tome 6… 

Cependant, deux autres révélations bouleversantes attendent le lecteur dans le tome 7 et le tome 8. Je vous en parle dans le bloc sur l’enquête. Patience.

Les traumatismes

Tout au long des huit tomes de la série, Kaiji Nakagawa se concentre sur la thématique de la mort et du deuil. Toutefois, ces deux éléments s’avèrent souvent traumatisants.

Dans l’article précédent, dans la section sur le deuil, j’ai parlé de quelques traumatismes des personnages : Taji Haruno qui mord depuis le décès de sa mère (présenté à nouveau sous forme d’analepse), Omi Kato qui a développé une thanatophilie depuis la perte de sa famille, etc. À ces traumatismes déjà révélés viendront s’en ajouter d’autres dans le tome 6, 7 et 8.

Parmi les nouveaux traumatismes mentionnés, la famille Haruno sera traquée et jugée responsable des actes de Masato Haruno. Le tout commence par les journalistes et les éditeurs qui, tels des vautours, guettent et harcèlent la famille afin d’avoir du croustillant à déblatérer. Puis, la famille sera victime de lettres de menace de la population, de mise à l’écart, de discrimination et même d’agression.

Finalement, dans le tome 8 un voile est levé entourant les victimes d’End et leurs traumatismes : abus sexuel, manque d’estime en soi, divorce, etc.

L’enquête

Dans les tomes trois, quatre et cinq de la série, le lecteur fait des découvertes intéressantes qui permettront d’amener l’histoire à progresser. Néanmoins, il y a peu d’avancées dans l’enquête jusqu’à un l’appel téléphonique qui frappe un grand coup au début du tome 6 et dévoile l’identité de End.

Pris sur le fait, Masato Haruno revendique le meurtre des neuf personnes retrouvées mortes. Au cours des interrogatoires, une analepse (retour en arrière) présentera la genèse de sa prise de conscience qu’il est atteint de psychopathie. 

Puis, dans le tome 7, les enquêteurs poursuivent leurs investigations. Ils énoncent que Masato est coupable de trois des meurtres (Tachibana 1, 2 et 3), que les six autres victimes se sont suicidées et que « Masato Haruno n’a fait “que” découper » les cadavres. Sous la pression et l’insistance des enquêteurs, Masato dévoile sa motivation : « pour ceux qui restent, un meurtre, c’est moins douloureux qu’un suicide! » À ce moment, le lecteur est à nouveau sous le choc face aux révélations. 

Ouf! Que de revirements! Néanmoins, il reste un dernier grand coup de théâtre qui dévoile au tome 8 le meurtrier des six suicidés. Afin de laisser un punch, je ne dévoilerai pas son nom.

Toutefois, c’est Taji Haruno qui démasque le véritable coupable et qui oriente l’inspectrice Akina Igarashi dans la bonne direction. Malheureusement, faute de preuves, le suspect est relâché bien qu’il soit coupable. 

À ce moment, l’auteur fait intervenir l’élément surnaturel de l’histoire afin de châtier cet être vil.

Le fantastique

L’article sur les tomes 3, 4 et 5 comporte une section concernant les genres narratifs de la série. Rappelez-vous dans le tome 4, un élément surnaturel se glisse dans l’histoire rendant les personnages hésitants, cet élément transforme le genre policier en genre fantastique. 

Peut-être l’avez-vous déduit dans le précédent article ou l’avez-vous deviné, l’élément surnaturel de la série c’est Koji Tachibana!

Koji Tachibana racconte dans le huitième tome qu’il a vécu tant de nombreuses vies qu’il en a oublié son nom d’origine. À chaque fois qu’il meurt, de cause naturelle, accidentelle ou intentionnelle, un nouveau corps d’une cinquantaine d’années est généré. Ce qui a donné les triplés et l’être harmonisateur qui permet de conclure l’histoire.

Se considérant comme un être féérique, Tachibana est une ligne conductrice jusqu’au tome 6, puis élément central à la résolution de l’intrigue. 

Au début de l’histoire, il est présent afin d’aider les familles dans le deuil, puis pour aider Taji, Omi et Yuka à passer au travers des épreuves. 

Finalement, Tachibana devient un élément clé qui permettra d’attraper Masato et de châtier le véritable coupable.

Avant la lecture de la série et pendant la lecture de celle-ci, j’ai lu des critiques de la série où nombre de personnes trouvent que la série aurait dû être plus courte puisque, selon eux, l’irruption de l’élément surnaturel dégrade la qualité de l’oeuvre et montre que l’auteur ne savait plus comment orienter l’histoire. Personnellement, mon avis est tout le contraire.

Le seul bémol que je pourrais identifier, c’est la dichotomie entre fantastique et policier. Le genre policier est très terre à terre alors que le fantastique demande un certain laisser-aller, une certaine perte de compréhension et de contrôle afin d’apprécier l’œuvre.

Dans de nombreuses œuvres japonaises, les auteurs arrivent à amalgamer divers genres narratifs entre eux afin de former une œuvre unique. Je pense entre autres à Mon professeur ce tueur Reborn! qui rassemble près de 8 genres littéraires et narratifs ou bien encore Natalion qui regroupe quelques genres littéraires et narratifs.

Puisque Koji Tachibana est intégré dans l’histoire dès les premières pages, qu’il joue un rôle actif dans le récit tout au long de l’histoire et que c’est lui qui referme la boucle de l’enquête, je trouve que l’intégration est bien réussie et ne montre pas la supposée perte d’orientation de l’histoire. 

Conclusion

Cette histoire macabre, policière et fantastique est finie! Bien que j’aie remarqué quelques longueurs dans la progression de l’enquête durant les cinq premiers tomes, j’ai passé du bon temps à lire les huit tomes de la série.

Les premiers tomes posent l’intrigue et ils dévoilent des personnages complexes qui sont tous victimes d’un traumatisme. Puis, l’histoire se concentre sur l’enquête qui, il faut bien l’avouer, n’avance pas très vite. 

Enfin, au tome 6, l’histoire bondit subitement et End est arrêté. Toutefois, l’enquête est loin d’être terminée et des rebondissements surviennent jusqu’à la fin.

Présentée d’abord comme une histoire policière, elle évolue afin d’intégrer une notion fantastique dans son intrigue. Ce mélange peut laisser indifférent, déplaire ou plaire au lecteur.

Cette série accrocheuse et mystérieuse n’est pas destinée à tous les publics puisque l’œuvre est macabre et complexe tout en présentant des thématiques difficiles comme la mort, la thanatophilie et le deuil.

Cette série ne convient donc pas à tous. 

2 commentaires sur « Mon avis… Route end t. 6-8 »

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