Mon avis… Chiruran t. 8

UMEMURA, Shinya; HASHIMOTO, Eiji. Chiruran Shinsen Gumi Requiem : 8. Paris : Mangetsu, 2022.

Seinen, plus de 32 tomes (11 t. en français)

Chers lecteurs et chères lectrices,

Aujourd’hui, je vous présente mon avis sur le tome 8 de Chiruran que j’ai lu dans les dernières semaines. La guerre interne fait rage! Nishiki Niimi est encerclé! 

4e de couverture

« Alors que la querelle entre le clan Kondô et le clan Serizawa s’envenime, Niimi, lui, commence à tisser sa toile. Il rassemble une grande armée, pensant prendre les rênes du Shisen Gumi par la force du nombre. Le clan Kondô ne compte plus qu’une poignée d’hommes. Parmi eux, un guerrier se dressera seul pour protéger ses compagnons. Son nom : Sanosuke Harada, « l’Ange de la mort ». »

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Premières lignes : Chiruran tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8

Mon avis…

Le tome huit commence un peu différemment des tomes un à sept. Bien qu’il n’y ait que quelques pages dont l’action se passe en 1912, cette différence est agréable. Puis, une douzaine de pages fortement narrée exposent les événements qui sont survenus le 18 août 1863 (siège du palais impérial, montée en puissance du camp Serizawa et le Mibu Rôshi Gumi (camp Serizawa et camp Kondô) devient le Shinsen Gumi). 

S’en suit alors la planification, par le camp Kondô, d’un leurre visant à piéger Nishiki Niimi, coupable de trahison et d’alliance avec Chôshû (impérialiste) ainsi que le meurtrier de Eisaburô.

Confiant, et c’est faible comme mot, les neuf membres du camp Kondô mettent leur plan à exécution. Alors que Niimi jubile grâce à supériorité numérique (150 hommes), Sanosuke Harada, dit l’Ange de la mort, entre en scène et fauche ses adversaires trop confortés par leur supériorité numérique.

Tel le comte Roland, Sanosuke Harada prodigue des coups «… si merveilleux qu’il [lui] fend tout le heaume jusqu’au nasal, [lui] tranche le nez et la bouche et les dents, et tout le tronc, et le haubert aux bonnes mailles […]» (La chanson de Roland) Que d’actions!

Techniques

Le tome 8 ne fait pas mention d’une quelconque technique. Néanmoins, le faucheur Sanosuke Harada invite à la réflexion.

Est-ce que des exploits comme ceux du comte Roland sont atteignables? Est-ce que c’est bien pratique une faux comme arme?

Chaque lame était testée avant d’être vendue et les tests inscrits sur la soie de l’arme. Aujourd’hui, les tests s’effectuent sur des bottes de paille ou de roseaux qui reproduisent la consistance des chairs, mais anciennement les lames pouvaient être testées sur des carcasses d’animaux ou sur des dépouilles de condamnés à mort. Les meilleures lames, dans les meilleures conditions, pouvaient trancher jusqu’à sept corps! Certaines épées (nodachi) étaient spécialement conçues afin de briser les charges de cavalerie en s’en prenant aux chevaux. Les exploits épiques du comte Roland et ceux de Sanosuke Harada illustrés dans Chiruran sont plausibles.

En ce qui concerne la faux de Sanosuke Harada, bien qu’il ait du style, tout est faux! Bien qu’elle ne se présente pas comme une faux agricole traditionnelle qui fait des massacres chez les graminées, la faux de Harada n’est pas pratique, car elle implique qu’Harada doit déterminer en tout temps la position optimale de ses adversaires et la balancer avec suffisamment de force et de distance afin de s’assurer un succès. Trop loin ou trop près et c’est un échec. Insuffisance de force ou distance inadéquate et c’est encore un échec. De plus, l’épaisseur de la lame  agricole est trop fine ce qui la brise et l’épaisseur nécessaire pour rendre la lame suffisamment robuste rend l’arme trop lourde à « swinger » (balancer). Pour en connaître davantage, voici une vidéo (anglaise) qui passe en revue la faux « de guerre » ou de la Grande Faucheuse en revue.

Bref, la faux de Sanosuke Harada c’est de la poudre aux yeux. Cependant, comme Sanosuke Harada le mentionne dans le tome, il est un maître du combat à la lance. Cet élément change beaucoup de choses! Par maître de la lance, il est question de toutes les armes « poteau » : lance, naginata, hallebardes, harpon, faux de guerre, etc.

Polish Scythemen By Unknown author – http://www.bn.org.pl, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1664999

La faux de guerre n’a pas l’apparence intéressante de la faux de la Grande Faucheuse, mais elle en rassemble les avantages. Grande portée, elle permet d’accrocher, de percer, de couper, etc. Toutes des utilisations effectuées par Sanosuke Harada. Je suppose que Harada (historique ) manipulait une naginata (un katana avec un long manche). La longueur des naginata varie entre 205 et 260 cm de long soit une longueur correspondant à l’arme vue dans le manga.

Fleurs, osore

En plus des scènes de combats, les éléments visuels habituellement présents dans les autres tomes parsèment l’action principale.

Après avoir parlé des fleurs, des osores et de la nature dans mes précédents avis sur les tomes de Chiruran, voici des images qui résument quelques éléments visuels rencontrés. 

Conclusion

Passionnant! J’ai dévoré le tome!

Bien qu’il se passe beaucoup d’événements dans les parties narrées, il y a peu d’histoire à mettre en valeur ou sur laquelle s’attarder.

Toutefois, l’arme de Sanosuke Harada invite à la réflexion, car sur un champ de bataille le design présenté ne ferait pas le poids bien que la faux ait un aspect infiniment plus attrayant. Par ailleurs, l’utilisation de la naginata par ce maître de la lance remplacerait habilement la faux de la Grande Faucheuse qu’il utilise. 

Habilement balancé entre intrigue, combats et narration, le tome 8 continue de rappeler le thème floral et la puissance des adversaires avec les osores.

Niimi n’est pas encore battu! Persévérons dans le tome 9!

Rappel – Réalité historique

Sans faire un portrait détaillé de la réalité historique, voici quelques faits qui vous éclaireront sur les événements relatés dans Chiruran qui se déroulent durant la majeure partie de l’époque Edo et chevauchent plusieurs ères. 

Durant l’époque Edo, le Bakufu d’Edo ou shogunat Tokugawa, un gouvernement militaire féodal, régnait sur le Japon au nom de l’empereur qui avait davantage un rôle de figurant que de décideur. 

Époque Edo ou période Tokugawa : 1600 à septembre 1868
Ère Kaei : Février 1848 à novembre 1854
Ère Ansei : Novembre 1854 à mars 1860
Ère Man’en : Mars 1860 à février 1861
Ère Bunkyu : février 1861 à février 1864
Ère Genji : février 1864 à avril 1865
Ère Keio : avril 1865 à septembre 1868
Époque et Ère Meiji : septembre 1868 à 1912

Le récit commence en 1912 à Edo (Tokyo) avant d’effectuer une analepse (retour dans le passé) en 1859. Voici quelques faits historiques :

  • En 1854 (an 7 de l’ère Kaei), le Commodore Perry fait signer de force un traité aux Japonais, mettant ainsi un terme à 200 ans d’isolationnisme.
  • En 1859, début de l’histoire de Chiruran (an 6 de l’ère Ansei)
  • 8 février 1863 (an 3 de l’ère Bunkyù), fondation du Rôshi Gumi, puis après avoir marché sur Kyoto, le Rôshi Gumi éclate en deux groupes.
  • 15 mars 1863, le Rôshi Gumi retourne à Edo, le Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu » est placé sous la tutelle du Clan Aizu.
  • Avril 1863, l’Empereur Komei Tenno rompt avec la tradition d’être un figurant et fait plier le Bakumatsu (gouvernement shogunal). Ce changement de position met le feu aux poudres. Les batailles pro-shogun contre pro-impériaux prennent de l’ampleur et des navires marchands anglais sont même coulés par les pro-impériaux.
  • 18 août 1863, le Mibu Rôshi Gumi (camp Serizawa et camp Kondô) devient le Shinsen Gumi.
  • Octobre 1863, le Shinsen Gumi remplace et se sépare officiellement du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu » (camp Serizawa) après les événements de Yagi-Tei.
  • En 1868, Restauration Meiji (époque Meiji 1868-1912)
  • En 1869, le Shinsen Gumi est dissous.

Voici quelques personnages historiques.

  • Toshizo Hijikata,  « Démon du Shinsen Gumi, Le chien fou du Shieikan »
    • 24 ans au début de l’histoire.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Saito Hajime (Goro Fujita)
    • 16 ans au début de l’histoire.
    • Ex-membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan.
  • Shinpachi Nagakura
    • 20 ans au début de l’histoire. À la fin de l’histoire, il est vivant et il a 72 ans.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
    • Ex-capitaine du 2e groupe de combat.
  • Soji Okita, « le sabreur démoniaque »
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Isami Kondo (Maitre du dojo)
    • 31 ans au début de l’histoire.
    • Membre et maitre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Sanosuke Harada, « Le faucheur »
    • 19 ans au début de l’histoire.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Keisuke Yamanami
    • 26 ans au début de l’histoire.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Eisaburô Abiru
    • Décédé en 1863 à 21 ans.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Heisuke Todo
    • 15 ans au début de l’histoire.
    • Membre du Dojo Tennen Rishin-Ryo Sheikan, puis du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Kamo Serizawa
    • Membre du Rôshi Gumi, puis du Mibu Rôshi Gumi « loups de Mibu ».
  • Katamori Matsudaira 
    • Samouraï qui a vécu (1836 à 1893) pendant la fin de l’époque Edo et la première moitié de l’ère Meiji. 
    • Il a été le 9e Daimyo du clan Aizu et le Commissaire militaire de Kyoto. 
    • Il a vécu le Bakumatsu (où le Shinsen Gumi était responsable de la sécurité de Kyoto) et la guerre de Boshin (guerre civile opposant le gouvernement shogunal à l’empereur Meiji).
  • Tanaka Shinbei 
    • Samouraï pro-impérial qui a vécu (1832 à 1863) pendant la fin de l’époque Edo.
    • Il est l’un des quatre hitokiri du bakumatsu.
  • Okada Izô, « Izô l’assassin »
    • Samouraï pro-impérial qui a vécu (1838 à 1865) pendant la fin de l’époque Edo.
    • Il est l’un des quatre hitokiri du bakumatsu.

Galerie d’image

Voici quelques images de ce tome

photo première page
Isami Kondô et la bannière de son camp : Sincérité

3 commentaires sur « Mon avis… Chiruran t. 8 »

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