Mon avis… Chiruran t. 11

UMEMURA, Shinya; HASHIMOTO, Eiji. Chiruran Shinsen Gumi Requiem : 11. Paris : Mangetsu, 2022.

Seinen, 36 tomes (12 t. en français)

Chers lecteurs et chères lectrices,

Durant la semaine du 15 mai, j’ai été à l’Opéra de Québec afin d’assister à la représentation de Madame Butterfly. À cette occasion, je me suis demandé à quelle époque se déroulait l’histoire. Puisque l’opéra Madame Butterfly a été écrit par Puccini entre 1901 et 1904 et que les navires avaient encore des canons, j’en ai déduit que l’époque correspondait aux événements s’étant produits après l’avènement du major Perry en 1854. (Rappelez-vous j’en parle souvent dans mes avis Chiruran.) Soit au cours de l’ère Meiji (1868-1912).

Revenons à l’ère précédant l’ère Meiji, soit l’ère Edo et aux actions du Shinsen Gumi. En 1863, la confrontation entre les 7 démons du Mito Tengu-To du camp Serizawa et le camp Kôndo se poursuivent menant aux événements présentés dans le tome 11 de Chiruran de Shinya Umemura et Eiji Hashimoto publié par Mangetsu que j’ai lu en mars 2023. 

Place à mon avis sur ce tome! 

4e de couverture

« Une guerre totale opposant les guerriers du Shinsen Gumi aux sept démons du Mito Tengu-to se déroule dans les rues de Kyoto. Alors que les combattants tombent les uns après les autres, l’un des démons perd pied avant de porter le coup final. Au même moment, Hanjirô Nakamura, dit Hanjirô l’assassin, un guerrier ô combien effrayant, refait surface… »

Autres articles sur le sujet

Mon avis… Chiruran tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8, tome 9, tome 10

Premières lignes : Chiruran tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8, tome 9, tome 10, tome 11

Mon avis…

Le tome onze relate les combats que mènent les forces du camp Kôndo contre les 7 démons du Mito Tengu-To qui défendent Kamo Seizawa. Il commence là où le tome 10 s’est arrêté soit la rencontre de Shinpachi Nagakura et Gensai Awata

Actions

Shinpachi Nagakura contre Gensai Awata

Ce combat a commencé dans le tome 10 avant de se poursuivre et de se conclure dans ce tome-ci. Comme mentionné dans Mon avis… Chiruran t.10, faute d’éléments historiques, j’ai conclu que Gensai Awata et ses poudres miraculeuses sont un pur produit de l’imagination. 

Le combat entre les deux adversaires sera, telles des pousses de bambou, vif, puissant et rapide. Shinpachi (le narrateur) utilise contre Gensei Awata la technique « Ugachi, la morsure perforatrice » qui s’avère efficace contre son adversaire qu’il laisse mort dans la bambouseraie.

Bref, beaucoup d’actions!

Sanosuke Harada dit l’Ange de la mort contre Zenkû Fudôin

Le second combat de ce tome poursuit le combat entamé dans le tome 10 qui oppose l’Ange de la mort, Sanosuke Harada, à son ancien maître Zenkû Fudôin. 

Ce combat reprend avec puissance et vélocité. Zenkû est si rapide qu’il est comparé à la déesse Kannon aux milles bras. La symbolique derrière Kannon aux mille bras ou Guanyin aux mille mains et aux mille yeux est qu’avec autant d’attributs, elle peut voir les malheurs de chacun et ainsi, grâce à ses bras, venir en aide à chacun. Elle est l’une des représentations de Kannon en japonais ou Guanyin en chinois, une déesse bouddhiste ou taoïste souvent associée à la miséricorde. Un magnifique rapprochement s’effectue ainsi entre Zenkû et Kannon. Zenkû, avec son unique bras, est aussi puissant et rapide que Kannon qui dispose de nombreux bras.

S’ensuit une analepse qui renvoie le lecteur près de 9 ans en arrière afin de poursuivre la précédente analepse du tome 10 concernant Zenkû et Sanosuke. Au terme de l’analepse, Zenkû, envahis par l’objet de son désir (Sanosuke), s’imagine dans une scène digne d’une tragédie grecque.

La composition de l’image où s’entremêle Zenkû et Sanosuke m’a fait penser à la couverture du tome 2 du manga Valkyrie Apocalypse. Oeuvre qui, comme Chiruran, est scénarisée par Shinya Umemura.

Je me suis également penché sur l’existence historique de l’arme qu’emploie Zenkû. Apparue au 17e siècle, la « jumonji yari » est une lance cruciforme qui, bien moins stylisée que celle de Zenkû, a servi sur les champs de bataille.

Qui gagne? Qui perd? L’histoire n’en est pas encore rendue au tragique destin du Shinsen Gumi… Vous saurez trouver seul le gagnant!

Keisuke Yamanami et Genzaburô Inoue contre Shell Dwarf

Le troisième combat oppose Keisuke Yamanami et Genzaburô Inoue à Shell Dwarf. Utilisant le terrain à leur avantage et, usant de ruse, Yamanami et Inoue combattent de manière intelligente, ce qui les mène à la victoire. 

Genzaburô utilise comme arme des chakrams (originaire d’Inde, il s’agit d’un disque plat avec un côté tranchant) et des kunais (arme de poing et de lancer préféré des ninjas).

Après quelques recherches sur Shell Dwarf, je n’ai pu mettre la main sur des éléments historiques. J’en ai conclu que Shell Dwarf, l’archer de génie, est un pur produit de l’imagination du scénariste, Shinya Umemura.

Toutefois, dans l’analepse présentant Shell Dwarf, il est question d’une guerre, la Guerre de Crimée (1853-1856) qui opposait la Russie à une coalition (France, Royaume-Uni, Sardaigne, Autriche et l’Empire ottoman). En octobre 1855, la coalition s’empare d’une fortification russe. Dès lors, Napoléon III travaille à restaurer la paix grâce à un traité. Durant le premier trimestre de 1856, le choléra frappe les forces menées par Napoléon III. Ce sont les événements inclus dans le manga.

Kai Shimada et Heisuke Tôdô contre Niji Sakaki et Ichiji Sakaki vs Hanjirô Nakamura

Ce combat est celui de deux duos. Kai et Heisuke contre Niji et Ichiji. 

Le combat entre Kai et Niji commence sans discussion ou échange et il sera mis sur pause avec l’arrivée de Hanjirô. Niji manie un otsuchi (marteau de combat) et Kai un kanabo (massue du démon oni).

Otsuchi à gauche et kanabo à droite

Le otsuchi servait principalement de bélier contre des portes et des remparts et non comme arme d’attaque comme l’utilise Niji. 

otsuchi en arrière plan et Kanabo au premier plan

Quant au combat entre Heisuke et Ichiji, il s’enflamme rapidement et avec violence. Toutefois, des échanges verbaux viennent rapidement nous propulser dans une analepse sur Heisuke. Cette analepse présente comment Heisuke a rejoint les rangs du camp Kôndo. Ce combat vif entre Heisuke et Ichiji, s’il n’avait pas été interrompu par Hanjirô, se serait conclu par la mort de Heisuke.

La conclusion du combat Kai contre Niji et Janhirô contre Ichiji sera dans le prochain tome.

Toshizô Hijikata et Sôji Okita vs Gorô Hirayama

Au terme de ce tome, Hijikata et Okita croisent la route de Hirayama. Des paroles sont échangées, mais le combat sera pour le prochain tome.

Techniques

Du côté des techniques, un seul nom est ressorti au cours de combats. «Ugachi la morsure perforatrice». Cette technique employée par Shinpachi permet de perforer à main nue une cuirasse afin d’infliger des blessures à son adversaire. Toutefois, je n’ai trouvé aucune donnée concernant cette technique. Quoi de mieux qu’une technique inventée pour vaincre un adversaire inventé?

Yeux, fleurs et osores

Les forces des tomes précédents sont conservées tout au long des événements de ce tome : scènes de combats, éléments de la nature, fleurs, osores (peu présentes) et variété des émotions véhiculées par les visages. 

Pour plus de détails, je vous invite à consulter mes autres avis.

Ci dessus, l’osore de Hanjirô Nakamura.

Osore : dans le manga Nura, Le seigneur des Yokaï, la terreur (Osore) est ce qui donne une partie de son pouvoir au yokaï. C’est également l’aura que dégage un combattant vis-à-vis d’un autre combattant.

Lune

Dans le tome 11, bien que splendide, la lune continue à être illogique face au calendrier lunaire. 

Les tomes 9 à 11 présentent la lune comme pleine. Or, historiquement la lune n’en était qu’à son premier quartier.

Pour plus de détails, je vous invite à consulter Mon avis sur le tome 10

Conclusion

Le tome 11 poursuit sur la lancée du tome précédent en présentant de nombreux combats et quelques analepses. 

Au cours de ce tome, Shinpachi Nagakura s’oppose Gensai Awata, Sanosuke Harada s’oppose à son ancien sensei Zenkû Fudôin, Keisuke Yamanami et Genzaburô Inoue s’opposent à Shell Dwarf, Kai Shimada et Heisuke Tôdô s’opposent à Niji Sakaki et à Ichiji Sakaki et s’opposent à Hanjirô Nakamura et Toshizô Hijikata et Sôji Okita s’opposent à Gorô Hirayama. Que de styles, d’armes et de techniques différentes!

Les forces de la série sont conservées en perpétuant le rappel du thème floral, de la puissance des adversaires avec les osores et des expressions présentes sur les visages. De plus, la lune continue d’en faire selon le bon vouloir des auteurs (voir Mon avis sur le tome 10). 

Il ne subsiste désormais que 3 des 7 démons du Mito Tengu-To.

Rappel – Réalité historique

Sans faire un portrait détaillé de la réalité historique, j’ai rassemblé dans un dossier thématique quelques faits qui vous éclaireront sur les événements relatés dans Chiruran

Galerie d’image

Voici quelques images de ce tome


En savoir plus sur 4e de couverture

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

3 commentaires sur « Mon avis… Chiruran t. 11 »

Laisser un commentaire